La combinaison des facteurs de production (ch4)

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Ce support peut être utilisé : – pour démarrer le chapitre en faisant découvrir aux élèves les principales notions à connaître (Découvrir) – pour tester l’élève mais de façon guidée (TD)

Chapitre 4 : La création et la mesure de la richesse (focus sur les facteurs de production)

Plan du support :

Dossier n°1 : Une diversité de producteurs et de productions

  • Contexte
  • Document n°1 : Production marchande ou non marchande ?
  • Document n°2 : Les entreprises, illustration de la production marchande
  • Document n°3 : Les administrations publiques
  • Aller plus loin : Les raisons d’une production non marchande

Dossier n°2 : Comment produire ?

  • Document n°4 : Qu’utilisent les entreprises pour produire ?
  • J’apprends par la vidéo : Les facteurs de production et leur combinaison
  • Facteur travail
  • Facteur capital
  • L’information et le savoir (capital humain)
  • L’efficacité de la combinaison productive
  • Le rôle de l’investissement
  • La productivité globale des facteurs

Dossier n°1 : Une diversité de producteurs et de productions

Contexte

Ce jeudi, Karima, élève de première STMG, finit sa journée de cours à midi. Elle quitte son lycée et se dirige vers une boulangerie pour s’acheter ce qu’elle préfère le plus : un brownie ! Mais Karima a du pain sur la planche. Elle doit se rendre au super marché pour réaliser les petites courses que lui a demandé son père ce matin avant qu’elle ne parte en cours. Elle se rend donc une fois le brownie acheté au supermarché de Bagnols le plus proche. Afin de réaliser ses courses, Karima passe au préalable auprès d’un distributeur de billets automatique. Karima est une jeune élève, et comme tous les jeunes de son âge, elle écoute beaucoup de musique. Elle saisit son iPhone et lança une playlist sur Deezer pour rendre le trajet moins monotone. Une fois les différentes missions réalisées, Karima rentra chez elle en prenant le bus. Une fois rentrée, elle décida de se poser quelques instants en allant sur les réseaux sociaux voir les diverses news du jour. A 17h00, Karima doit se rendre à son cours de tennis dans un club non loin de chez elle. Cela fait parti de ses rêves ! devenir une grande joueuse de tennis, reconnue.

Tout au long de sa journée, Karima aura été, d’un point de vue économique, une consommatrice de divers produits.

Document n°1
Production marchande ou non marchande ? : je découvre !

Production marchande : Ensemble des biens et services produits et destinés à être vendus sur un marché à un prix qui couvre au moins les coûts de production. Production non marchande : Ensemble des biens et services proposés gratuitement ou à un prix inférieur de moitié à leur coût de production.

Question n°1 : A partir du contexte et du document n°1, surlignez d’une couleur les activités marchandes que Karima a réalisées au cours de sa journée et d’une autre couleur les activités non marchandes.

Question n°2 : Listez dans un tableau à deux colonnes, les biens consommés par Karima puis les services.

Question n°3 : Définissez la notion de bien et de service.

Question de synthèse : Après avoir défini la notion de production marchande et non marchande, vous proposerez des exemples de production non marchande auxquels vous êtes attachés.

Mais… qui produit les différents biens et services consommés par Karima au cours de sa journée ? Qui réalise une production marchande ? non marchande ?

Dans l’exemple de Karima, nous n’avons pris que des biens et services simples produits par des structures que nous appellerons “producteurs”. En effet, la fonction première d’une boulangerie est de produire et vendre du pain, la fonction première d’un lycée est de produire des cours.

Document n°2 : les entreprises, illustration de la production marchande
Le premier agent producteur auquel nous pensons généralement est ce qu’on appelle les entreprises. Dans l’exemple de la journée de Karima, plusieurs entreprises ont été entrevues notamment la boulangerie, la banque, Deezer, Apple, etc. Mais qu’ont en commun ces différents agents producteurs appelés entreprises ? Tout simplement le fait que leur produit sont payants pour ceux qui souhaitent se les procurer. Et si ces produits sont payants c’est que leur production a coûté de l’argent : il a fallu payer des salaires, des matières premières, de l’énergie, etc. On parle de production marchande pour désigner les biens et services destinés à être vendus à un prix permettant de couvrir les coûts de production. Si on simplifie cela, cela revient à dire que les entreprises produisent et vendent des biens et services dans une optique d’enrichissement (profit/bénéfice).
Document n°3 : Les administrations
Les entreprises ne sont pas les seules structures productrices. Dans l’exemple de notre élève Karima, le lycée produit un service “éducatif” mais n’est clairement pas une entreprise, l’accès à ce service étant gratuit. On parle de production non marchande pour désigner les produits fournis gratuitement ou quasi gratuitement lorsque le prix ne permet pas de couvrir le coût de production. Pour autant la production non marchande a coûté quelque chose ! Il a fallu payer les professeurs, la facture d’électricité, les livres de la bibliothèque, etc. D’où vient l’argent qui permet de faire face à ces coûts de production ?
Services publics : Services non marchands qui correspondent à une mission d’intérêt général.

Question n°4 : Pourquoi les biens et services que commercialisent les entreprises sont payants ?

Question n°5 : Rappeler la finalité d’une entreprise (transversalité avec les sciences de gestion)

Question n°6 : Selon vous, pourquoi existe-t-il un service public d’éducation ?

Question n°7 : Répondre à la question posée à la fin du document n°3.

Question n°8 : Citez un autre acteur (que l’Etat) qui réalise une production non marchande.

Aller plus loin : Les raisons de l’existence d’une production non marchande

Les raisons
a) il peut être techniquement impossible de faire payer des services collectifs aux individus, car leur consommation ne peut être ni suivie ni contrôlée. La production de services collectifs est organisée par les administrations publiques et financée autrement que par les recettes des ventes, c’est-à-dire par l’impôt ou par d’autres recettes publiques ; b) il se peut également que les administrations publiques et les ISBLSM produisent et fournissent individuellement aux ménages des biens et des services qu’elles pourraient faire payer, mais qu’elles choisissent de ne pas faire payer pour des raisons de politique économique ou sociale. On peut citer comme exemple les services d’éducation et de santé qui sont fournis gratuitement ou à des prix économiquement non significatifs.

Dossier n°2 : Comment produire ?

Produire, c’est créer des biens et services que la nature ne met pas spontanément à notre disposition. Pour cela, il faut utiliser, mobiliser, « combiner » différents éléments.

La combinaison des facteurs de production

Document n°4 : Qu'utilisent les entreprises pour produire ?

Le premier d’entre eux est le travail humain, manuel ou intellectuel. Pas de baguette de pain sans l’intervention du boulanger, pas de cours de lycée sans l’intervention d’un professeur. Votre smartphone aura nécessité le travail de nombreux ingénieurs pour le concevoir, de nombreux ouvriers pour concevoir ses composants et les assembler, de nombreux informaticiens pour développer le système d’exploitation et les applications installées. Dans un autre registre, les fruits et les légumes que vous trouvez sur l’étal d’un marché peuvent sembler avoir moins nécessité l’intervention de l’homme et ils sont pourtant le résultat d’un long travail de sélection des semences adaptées, de cultures, de récolte, etc. qui aura nécessité l’intervention de nombreuses personnes.

La production nécessite également d’utiliser des biens ou des services de production. Prenons le cas d’une boulangerie. Pour produire sa baguette de pain, le boulanger devra disposer de farine, d’eau, de sel, de levure, d’électricité mais également d’un local (la boulangerie), d’une machine à pétrir ou d’un four à pain qui lui facilitent le travail, voire le rendent possible. De manière plus générale, pour un producteur, le capital regroupe tous les biens de production qui ne se détruisent pas au cours de la production (exemple : outils, machines, locaux). Le capital d’un lycée regroupe les bâtiments, ainsi que les chaises, les tables, les tab- leaux, les vidéoprojecteurs, les photocopieurs, les ordinateurs, etc.

Question n°1 : Dans le contexte de notre élève Karima, nous avons vu qu’elle écoutait de la musique à partir de l’application Deezer sur son iPhone. Proposez des exemples de facteurs ayant contribué à la production de son iPhone.

Question n°2 : Surlignez d’une couleur, les éléments pouvant être associés au facteur travail et d’une autre couleur ceux pouvant être associés au facteur capital.

Question n°3 : En menant une plus grande réflexion, vous essayerez de proposer d’autres facteurs ayant permis la production de cet iPhone.

Question n°4 : “La production d’un bien ou d’un service résulte donc de la … de différents … de production.” Complétez la phrase ci-dessus.

J’apprends par la vidéo !

Après avoir visionné la vidéo, vous réaliserez les questions suivantes :

Question n°1 : Schématisez les différents éléments permettant la conception de l’iPhone de Karima.

Question n°2 : Pourquoi Apple cherche-t-il à optimiser l’utilisation des éléments nécessaires à la fabrication d’un iPhone ?

Question n°4 : Selon vous, qu’est-ce que l’entreprise Apple doit prendre en compte dans la combinaison des facteurs de production d’un iPhone ?


Penchons-nous sur les deux facteurs de production principaux : le travail et le capital

Le facteur travail (sous l’angle philosophique)

L’évolution du facteur travail depuis la révolution industrielle

La production pendant l'ère industrielle
La production était une production de masse. De grandes séries de production étaient lancées afin de réduire les coûts unitaires de production. Adam Smith montra à travers son exemple de la fabrication d’une épingle, que l’accroissement de la productivité résultait de la division du travail. Pour produire une épingle, 18 tâches élémentaires étaient nécessaires. La répétition du travail conduisait à un perfectionnement dans l’exécution de la tâche et une rapidité. Ce système a permis d’augmenter considérablement la productivité. L’organisation scientifique du travail (OST) de Taylor a permis à l’époque avec le fordisme que des biens d’équipement comme l’automobile fasse l’objet d’une consommation de masse.
La production aujourd'hui
Notre économie se tertiarise de plus en plus. Plus de deux personnes sur trois travaillent dans le secteur tertiaire. Ce secteur est le principal moteur de la croissance et de l’emploi de notre ère. Les ateliers de production flexibles permettent aujourd’hui de faire du « sur-mesure » en obtenant des coûts de production identiques à ceux obtenus en mode de production de masse standardisée. La main-d’œuvre qualifiée devient le facteur de production essentiel aujourd’hui par le biais d’une économie du savoir.

Question n°1 : Expliquez en quoi la production de masse permettait de diminuer les coûts unitaires de production.

Question n°2 : Que permet la division du travail ? Ses enjeux ?

Question n°3 : Selon vous, quelles étaient les conditions de travail de cette époque ?

Question n°4 : De quoi dépend la quantité de facteur travail disponible dans une économie ?

Question n°5 : De quoi dépend la qualité du facteur du travail dans une économie ? Citez plusieurs exemples.

Le capital

Le capital est l’autre facteur indispensable à l’activité productive. Il est constitué par l’ensemble des biens intervenant dans la production d’autres biens, mais représente aussi la totalité des richesses à la disposition de l’entreprise.

Question n°1 : Réalisez une recherche pour chacun des symboles ci-dessus et obtenir leur traduction en français.

Question n°2 : Illustrer par des exemples concrets, le capital utilisé pour la production de l’iPhone qu’utilise Karima.

Question n°3 : Expliquez la phrase suivante : La quantité de facteur capital nécessaire dépend de l’intensité capitalistique et du progrès technique.

Question n°4 : Qu’est-ce qui améliore qualitativement le facteur capital dans une économie ?

L’information et le savoir (capital humain)

Prenons un exemple simple. Imaginons qu’un groupe de travailleurs décident de produire un mur mais qu’ils soient désorganisés et sans méthodes de travail. Pour que le mur puisse être bâti, donc pour que la production se fasse, il faudra que le manager intègre au sein de son groupe de travail des méthodes de travail, une certaine organisation entre les travailleurs ainsi qu’une coordination. Tous ces éléments peuvent être qualifiés de savoir. Sans le savoir, sans la connaissance, la production ne peut se faire ou alors de façon non compétitive. Nous venons d’illustrer la notion de savoir par de nouvelles méthodes de travail mais nous aurions aussi pu prendre comme exemple les innovations technologiques comme l’amélioration de la productivité d’une machine. Cette amélioration est permise grâce au savoir, à la connaissance humaine.

L’efficacité des facteurs de production (la productivité globale des facteurs = PGF)

Durant la plus grande partie de l’histoire de l’humanité, le progrès technique dans le domaine de l’éclairage fut lent. Nous mesurons le progrès technique dans le domaine de l’éclairage au nombre d’unités de luminosité, appelées « lumens », qui peuvent être générées en une heure de travail. Un lumen est à peu près la quantité de luminosité que reçoit un mètre carré au clair de lune. Un lumen-heure (lm-h) est cette quantité de luminosité durant une heure. La première grande percée technologique en matière d’éclairage eut lieu il y a 40 000 ans, avec l’utilisation de lampes qui brûlaient de l’huile végétale ou animale. En effet, créer de la lumière à partir d’un feu de camp requiert environ une heure de travail pour 17 lm-h, mais la lampe à huile animale produit 20 lm-h pour la même quantité de travail. À l’époque babylonienne (1750 av. J.-C.), l’invention d’une lampe améliorée consommant de l’huile de sésame permit d’atteindre 24 lm-h par heure de travail. Le progrès technique fut lent : cette amélioration modeste nécessita 7 000 ans. Trois millénaires plus tard, au début des années 1800, les techniques d’éclairage les plus efficaces (utilisant les chandelles de suif) produisaient environ neuf fois plus de lumière pour une heure de travail que les lampes à huile animale d’autrefois. Depuis, l’efficacité de l’éclairage a encore augmenté grâce au développement des lampes au gaz de ville, des lampes à pétrole, des ampoules à filament, des ampoules fluorescentes et d’autres formes d’éclairage. L’invention de la lampe à incandescence (produisant de la lumière en faisant passer de l’électricité dans un filament) a été une avancée majeure par rapport à la lumière produite en brûlant de l’huile ou du kérosène. Après qu’Edison et Swan eurent breveté leurs conceptions des ampoules à lampe incandescente en 1880 et commencé à travailler ensemble en 1883, les améliorations successives du filament générant la lumière ont été des innovations incrémentales dans l’éclairage. Les ampoules compactes fluorescentes inventées en 1992 sont environ 45 000 fois plus efficaces, en termes de temps de production, que les lumières qui existaient deux siècles avant.

Question n°1 : A partir du texte ci-dessus, vous calculerez combien de lm-h étaient produits en une heure de travail en 1800. Puis en 1992.

Question n°2 : Comment expliquer ce que vous constatez ?

 

Tableau 1 – Différentes combinaisons pour produire 1 iPhone

Combinaison Nombre de travailleurs Machines
A 1 6
B 4 2
C 3 7
D 5 5
E 10 1

Question n°1 : Selon vous, que cherchera Apple lorsqu’elle combinera des facteurs de production ?

Question n°2 : Comment qualifie-t-on le fait pour une entreprise de chercher à maximiser son profit à moindre coûts ?

Question n°3 : Quelles combinaisons ne seront d’office jamais choisies ? Pourquoi ?

Question n°4 : Quelle combinaison l’entreprise adoptera-t-elle dans un pays où le coût du travail est faible ?

Question n°5 : Que peut pousser à faire le contexte économique du pays pour une entreprise en général ?

 

Quel rôle pour l’investissement dans la combinaison productive ?

L’investissement est l’augmentation du stock de capital. Selon I. Fisher le capital est un stock d’actifs accumulé au cours du temps et qui rapportera un revenu futur et durable.

Vous aurez l’occasion d’approfondir la notion d’actif notamment en sciences de gestion mais pour l’heure, retenons qu’un actif est un bien ayant une valeur économique positive pour l’entreprise (machines, stocks, bâtiment, locaux, etc).

Les agents économiques disposent donc, à un moment donné, d’un « stock » de capital, stock qui leur permet de produire des biens et des services.

Quand ils décident d’augmenter ce stock, c’est- à-dire d’acheter de nouveaux moyens de production, ils investissent.

L’investissement revêt deux formes : soit il s’agit d’un investissement de capacité visant à accroître les capacités de production (quantitativement) soit il s’agit d’un investissement de productivité qui vise à améliorer l’efficacité des facteurs, leur productivité.

Question n°1 : Illustrer par un exemple la définition de l’investissement apportée par I. Fisher.

Question n°2 : La formation peut-elle s’apparenter à un investissement selon vous ? Si oui, de quelle forme ?

Qu’est-ce que la productivité globale des facteurs ?

Si la création de richesses est supérieure à celle du travail et du capital, alors cela signifie que le travail et le capital ont été utilisés de manière plus efficiente : ce résidu est appelé productivité globale des facteurs.

Croissance = Productivité du capital + Productivité du travail + PGF

Phrase à retenir : “On le voit, les différentes formes de capital interagissent, se complètent en se renforçant l’une l’autre et cumulent leurs effets sur la PGF et la croissance économique.”

Exemple pour illustrer la PGF : Lorsque une entreprise produit un mur, cela nécessite différents investissements pour améliorer l’efficacité de la production. Chaque investissement seul va accroître l’efficacité soit du facteur travail, soit du facteur capital. Cependant, les différents investissements vont avoir des effets cumulatifs sur le facteur travail et le facteur capital. Le salarié plus performant car mieux formé (investissement n°1) saura manipuler tel ou tel appareil (machine) plus efficacement aussi car il est en meilleure santé (investissement n°2). On note ici que des synergies se produisent entre les différents investissement de telle manière les deux investissements se cumulent et se renforcent.

Autre exemple : l’automatisation d’une chaine de production permet de produire plus avec moins d’effectifs. La productivité du travail augmente mais cette hausse est permise grâce à l’influence du facteur capital (l’investissement).

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